Pull en mohair fabriqué en Europe
Comment le choisir et quelles maisons connaître
Temps de lecture : 15 minutes
- Qu'est-ce que le mohair ?
- D'où vient le mohair de la maille européenne ?
- Que veut dire « fabriqué en Europe » pour un pull en mohair ?
- La Ferme du Mohair : du troupeau au pull
- Brun de Vian-Tiran : la même fibre, tissée au lieu d'être tricotée
- Comment choisir un bon pull en mohair
- Le 100 % mohair est-il meilleur ?
- Mohair, alpaga et autres fibres rares : ne pas confondre les noms
- À propos de CollectionEU
- Conclusion
- Questions fréquentes
Ce qu'il faut savoir avant d'acheter un pull en mohair :
- Le mohair vient de la chèvre Angora, pas du lapin Angora.
- Une grande partie de la fibre utilisée par les marques européennes vient d'ailleurs, tandis que la filature, la teinture et le tricotage peuvent avoir lieu ici.
- Un pourcentage de mohair élevé ne fait pas automatiquement un meilleur pull.
- Mélanger le mohair à de la soie, du mérinos ou une autre fibre peut améliorer la tenue, l'élasticité et le toucher.
- Les questions utiles sont : où le fil a-t-il été filé, où le pull a-t-il été tricoté, et la marque nomme-t-elle ses ateliers.
Si vous cherchez un pull en mohair fabriqué en Europe, le pourcentage inscrit sur l'étiquette de composition n'est qu'un début. Il vous dit ce que contient le vêtement. Il ne vous dit à peu près rien de la qualité de sa fabrication, et c'est cette seconde question qui décide si vous aurez encore envie de le porter dans cinq ans.
Le mohair est une fibre exigeante. Sa souplesse, sa longueur et son ondulation naturelle assez faible rendent la filature et le tricotage techniquement différents du travail d'une laine de mouton ordinaire. D'où le fait que les ateliers encore capables de bien la travailler comptent autant que la toison elle-même.
Un pull en mohair est un vêtement tricoté en fibre de chèvre Angora. Le mohair apporte brillance, chaleur et un halo caractéristique, et il est souvent mélangé à de la soie ou du mérinos pour gagner en tenue. En Europe, il est généralement filé et tricoté en France, en Italie, au Portugal ou en Écosse, à partir de fibre importée.
Qu'est-ce que le mohair ?
Le mohair est la toison de la chèvre Angora. À ne pas confondre avec la laine angora, qui vient du lapin Angora. Le nom commun entretient une confusion permanente, y compris sur des fiches produit qui devraient savoir faire la différence.
La fibre est reconnue pour sa brillance, sa résistance et sa capacité à isoler sans exiger un vêtement lourd. Selon l'âge de l'animal et la façon dont le fil est filé, elle va du très fin et très doux à nettement plus robuste. Le kid mohair, issu de jeunes chèvres, est plus fin que la fibre d'animaux adultes. Ce qui explique pourquoi le mot seul vous renseigne si peu sur la sensation réelle du vêtement sur la peau.
Notre guide du mohair dans le Dictionnaire examine la fibre de plus près : le kid mohair, la tonte, et les propriétés qui lui ont valu le surnom de « fibre diamant ». Vous pouvez aussi consulter nos guides de la laine d'alpaga et de la laine angora.
D'où vient le mohair de la maille européenne ?
Une distinction s'impose tout de suite : l'origine de la fibre et le pays où le pull est fabriqué ne sont pas nécessairement la même chose.
Une grande partie de la production mondiale vient de l'extérieur de l'Europe, et surtout de la filière sud-africaine du mohair, qui administre également le Responsible Mohair Standard. Les fabricants européens travaillent donc une fibre brute importée en réalisant ici les étapes de transformation : filature, teinture, ennoblissement, tricotage.
Cela ne fait pas de la fabrication européenne un détail. Au contraire. Transformer une fibre en vrac en un fil stable, puis en un vêtement qui tient sa forme, demande des machines spécialisées et un contrôle précis de la tension et de la densité. Ce sont ces étapes qui décident réellement de ce que vaut un pull.
Alors quand une marque annonce un pull fabriqué en Europe, nous regardons au-delà de la nationalité de l'étiquette. Quelle entreprise a filé le fil ? Où a-t-il été tricoté ? Y a-t-il une usine nommée derrière l'affirmation, ou seulement un adjectif ? Notre guide sur comment identifier une mode réellement fabriquée en Europe va plus loin sur le sujet. Le principe est simple : une information précise vaut mieux qu'une formule large sur le « savoir-faire européen ».
Que veut dire « fabriqué en Europe » pour un pull en mohair ?
Un pull en mohair peut être réellement fabriqué en Europe même si la chèvre a été élevée ailleurs. Ce qui compte, c'est de savoir quelle partie de la chaîne se passe où. Selon les marques, la production européenne peut comprendre :
- le tri et la préparation de la fibre ;
- la filature du fil ;
- la teinture ;
- le tricotage ;
- le remaillage et l'assemblage des panneaux tricotés ;
- le lavage et la finition du vêtement.
Les marques les plus solides vont au-delà d'une mention de pays et nomment les ateliers. Une ville, une filature, une usine de tricotage. Quelque chose de vérifiable. Il existe aussi de rares cas où la fibre elle-même vient d'Europe, et l'un des plus nets se trouve dans notre propre annuaire.
La Ferme du Mohair : du troupeau au pull
La Ferme du Mohair se distingue parce que son histoire commence non pas par un fil acheté, mais par ses propres chèvres Angora.
Le troupeau du Freyche est installé à Mazères, en Ariège, dans les Pyrénées françaises. L'élevage produit du mohair depuis 1987, et la marque déclare que son troupeau fournit la fibre nécessaire à ses pulls. Cette phrase est plus rare qu'il n'y paraît. La plupart des marques de ce segment achètent leur fil sur le marché et seraient incapables de vous dire de quel élevage il vient.
La suite est documentée de façon inhabituelle. La fibre est filée par la Filature du Parc, à Brassac, dans le Tarn. Le tricotage est réalisé avec des partenaires français, dont la Manufacture Regain et Sedem, un atelier vendéen doté d'une capacité de tricotage sans couture et d'une expérience du mohair, ce qui n'est pas une combinaison courante. Les chaussons sont fabriqués par Sodopac, en Dordogne.
L'intérêt n'est pas simplement que ces entreprises soient françaises. C'est que la marque les nomme, publiquement, là où n'importe qui peut vérifier. Cette habitude en dit plus long que n'importe quel discours sur le patrimoine.
À côté du mohair, la maison travaille le mérinos, l'alpaga, le yack, le cachemire et la soie. Pour qui cherche précisément un pull, les pièces mohair et soie sont les plus intéressantes, parce qu'elles montrent pourquoi un mélange n'est pas un compromis : la soie apporte de la résistance et de la tenue au fil tout en préservant la légèreté et la brillance que l'on vient chercher dans cette fibre.
Une réserve à emporter jusqu'à la fiche produit. La marque évoque à la fois des ateliers français et européens dans ses informations en ligne. Vérifiez donc les détails de fabrication attachés au vêtement précis qui vous intéresse plutôt que de supposer que tous les produits suivent la même chaîne.
Brun de Vian-Tiran : la même fibre, tissée au lieu d'être tricotée
Brun de Vian-Tiran mérite sa place ici pour une raison qui n'a rien à voir avec les pulls, et tout à voir avec ce que le mohair sait faire.
La maison travaille à L'Isle-sur-la-Sorgue, en Provence, depuis 1808, et détient le label Entreprise du Patrimoine Vivant, la distinction de l'État français qui récompense l'excellence des savoir-faire artisanaux et industriels. Elle décrit quinze étapes de production successives réalisées dans ses propres ateliers, et travaille une palette de fibres inhabituellement large : mohair, cachemire, yack, chameau, baby alpaga, mérinos.
Sa production est tissée, pas tricotée. Plaids, couvertures, écharpes, châles, capes. Donc non, ce n'est pas là que vous irez chercher un pull. C'est en revanche le moyen le plus rapide de comprendre la fibre. Posez un plaid tissé à côté d'un pull tricoté et la différence saute aux yeux. Tissé, le mohair a du poids, du tombé et une brillance de surface qui court sur toute l'étoffe. Tricoté, la structure devient élastique et le fameux halo se détache. Même animal, même toison, deux objets complètement différents.
La Ferme du Mohair, d'ailleurs, cite Brun de Vian-Tiran comme partenaire de tissage pour ses plaids. Un petit détail, et un détail parlant.
Comment choisir un bon pull en mohair
Une étiquette de composition vous dit ce que contient un pull. Elle ne vous dit pas s'il est bien fait. Voici ce que nous regardons.
1. Lire la composition complète
Commencez par le pourcentage, mais ne considérez pas le chiffre le plus élevé comme automatiquement le meilleur choix. Le mohair est souvent mélangé à de la soie, du mérinos ou une autre fibre de soutien, et ces ajouts modifient la résistance, l'élasticité, la douceur et la tenue du fil. La bonne question n'est pas « combien y en a-t-il ? » mais « pourquoi ce mélange précis a-t-il été choisi ? ».
2. Regarder la surface de la maille
Le mohair brossé a ce halo doux que la plupart des gens associent à la fibre : les fibres libres se détachent de la surface et accrochent la lumière. Cela s'accompagne d'une conséquence pratique, à savoir qu'un peu de perte de fibres est normal, surtout quand le vêtement est neuf.
Un fil non brossé paraît plus lisse et plus brillant. Si vous portez beaucoup de manteaux sombres, c'est la version qui vous épargnera une saison de brosse adhésive, et nous ne dirions pas que c'est un détail mineur.
3. Vérifier poignets, bas de vêtement et encolure
Regardez si la côte reprend sa forme après avoir été doucement étirée, et si l'encolure reste nette au lieu de s'affaisser. Une belle fibre ne compense pas indéfiniment une construction faible, et c'est en général là qu'un pull décevant se signale en premier.
4. Regarder la densité du tricot
Deux pulls affichant le même pourcentage de fibre peuvent être complètement différents selon la grosseur du fil et la densité du tricotage. Une maille très ouverte donne un vêtement exceptionnellement léger et aéré. Une maille dense offre plus de tenue et de chaleur.
Les deux se défendent. Si vous ne devez en posséder qu'un, la maille dense est l'achat le plus sûr, parce qu'elle garde mieux sa forme après un hiver de vrai usage.
5. Savoir où le fil a été filé et le pull tricoté
« Conçu en France » ne veut pas dire tricoté en France. « Fil européen » ne vous dit pas où le vêtement lui-même a été produit. Cherchez des usines, des ateliers, des villes et des partenaires de production nommés.
6. Penser au poids autant qu'à la fibre
La fibre isole efficacement pour son poids, mais la chaleur d'un vêtement fini dépend de la quantité de matière réellement présente et de la densité du tricot. Un pull en mohair épais peut être franchement trop chaud pour un bureau. Une maille légère et ouverte se comporte très différemment tout en portant le même mot sur l'étiquette.
Le 100 % mohair est-il meilleur ?
Pas automatiquement, non.
Le pourcentage de fibre est l'un des chiffres les plus faciles à afficher sur une fiche produit, ce qui donne envie de s'en servir comme raccourci de qualité. La construction textile est plus compliquée que cela. Le mohair est lisse et présente moins d'ondulation naturelle que beaucoup de laines de mouton, si bien que l'associer à une autre fibre peut améliorer l'élasticité, la stabilité dimensionnelle, la résistance ou le toucher.
Mohair et soie est la combinaison classique : la soie donne de la résistance au fil tout en préservant la brillance et la légèreté. Mohair et mérinos apporte plus d'élasticité et une structure plus lainière.
De petites proportions de fibre synthétique sont également utilisées pour des raisons techniques, en particulier pour renforcer des fils très légers ou peu structurés. Savoir si vous en voulez dans votre garde-robe est une autre question. Leur seule présence n'est pas une preuve de mauvaise qualité. Et un pull en mohair pur peut être excellent quand le fil et la construction sont pensés pour cela. Le pourcentage, à lui seul, ne vous dit tout simplement pas assez.
Mohair, alpaga et autres fibres rares : ne pas confondre les noms
Plusieurs fibres animales de luxe se retrouvent regroupées dans les textes commerciaux, alors qu'elles ont des origines différentes et se comportent différemment dans un vêtement.
- Le mohair vient de la chèvre Angora et se reconnaît à sa brillance, sa résistance et son halo caractéristique.
- L'alpaga vient des alpagas et offre en général un toucher plus lisse et moins d'ondulation naturelle que le mérinos.
- L'angora vient du lapin, malgré le mot « Angora » qu'il partage avec la chèvre qui produit le mohair.
- Le cachemire vient du sous-poil fin des chèvres cachemire.
- Le duvet de yack est prélevé sur le sous-poil isolant et fin du yack.
- Le poil de chameau est apprécié pour sa légèreté et son pouvoir isolant, et se travaille souvent dans sa gamme de teintes naturelles chaudes.
Si vous voulez explorer les matières plutôt qu'un vêtement précis, le Dictionnaire CollectionEU examine les fibres, les matières, les certifications et le vocabulaire textile une entrée à la fois.
À propos de CollectionEU
CollectionEU est un annuaire sélectif et une plateforme éditoriale consacrés aux marques dont la production est réalisée dans leur pays d'origine, en Europe.
Nous examinons chaque marque individuellement avant de la référencer, et nous nous appuyons sur des informations rattachables à des lieux de production, des usines, des ateliers ou des partenaires de fabrication identifiés. La distinction compte, parce que l'origine d'une marque, l'origine d'une matière première et le lieu de fabrication d'un produit sont trois choses différentes. Seule la troisième est une revendication de fabrication.
Notre annuaire de la maille réunit les marques européennes de pulls, cardigans, chaussettes et autres pièces tricotées, tandis que notre sélection fabriqué en France rassemble les marques dont la fabrication a lieu en France.
Conclusion
Un bon pull en mohair fabriqué en Europe ne se reconnaît pas au seul pourcentage de fibre. Regardez la composition, puis regardez au-delà : la densité de la construction, la façon dont l'encolure et les poignets sont finis, et le degré de précision que la marque accepte sur ses partenaires de fabrication.
La fibre a peut-être fait un long trajet avant d'arriver dans un atelier européen. Cela ne rend pas l'étape de fabrication accessoire. Filer et tricoter cette matière restent des opérations réellement techniques, et les ateliers encore capables de les mener correctement représentent une bonne part de ce que vous payez.
Quand une marque peut vous dire qui a élevé les animaux, qui a filé le fil et qui a tricoté le vêtement, comme La Ferme du Mohair le fait pour une grande partie de sa production, la chaîne devient exceptionnellement lisible. Quand ce n'est pas possible, le principe tient toujours : plus l'information de fabrication est précise, mieux vous êtes armé pour juger le produit.
Questions fréquentes
Un pull en mohair gratte-t-il ?
Cela peut arriver, mais pas systématiquement. Le diamètre de la fibre, l'âge de la chèvre, la construction du fil, le brossage et votre propre sensibilité cutanée jouent tous sur la sensation. Le kid mohair, issu de jeunes animaux, est plus fin que la fibre adulte. Les mélanges avec du mérinos fin ou de la soie changent aussi nettement le toucher de la maille finie.
Quelle différence entre mohair et laine angora ?
Le mohair vient de la chèvre Angora. La laine angora vient du lapin Angora. Malgré le nom commun, ce sont deux fibres différentes, de structures et de propriétés différentes. Le mohair est brillant, résistant et peu sujet au froissement. L'angora est bien plus fin et léger, et pose des questions de bien-être animal liées à la récolte qu'il vaut la peine de creuser avant d'acheter.
Un pourcentage de mohair plus élevé est-il meilleur ?
Non. Un pourcentage plus élevé n'indique pas automatiquement un meilleur vêtement. La qualité de la fibre, la construction du fil, la densité du tricot et la finition comptent au moins autant. La soie, le mérinos et d'autres fibres sont souvent ajoutés délibérément pour améliorer la tenue, l'élasticité ou le toucher, si bien qu'un mélange bien conçu peut être aussi réfléchi qu'un fil de mohair pur.
Un pull en mohair peut-il être entièrement fabriqué en Europe ?
Le vêtement, oui. La fibre brute, c'est plus compliqué. L'essentiel du mohair utilisé par les fabricants européens provient de l'extérieur de l'Europe, en particulier d'Afrique du Sud, et est ensuite filé, teint et tricoté ici. Il existe des exceptions : La Ferme du Mohair déclare que son propre troupeau, en Ariège, fournit la fibre nécessaire à ses pulls.
Le mohair tient-il plus chaud que la laine ?
Il isole très efficacement pour son poids, mais la chaleur d'un pull fini dépend de bien plus que du type de fibre. La grosseur du fil, la densité du tricot, la construction du vêtement et la superposition jouent un rôle important. Un pull en mohair léger et ouvert peut facilement tenir moins chaud qu'un pull en lambswool densément tricoté.
Comment laver un pull en mohair ?
Commencez toujours par l'étiquette d'entretien, car les mélanges et les finitions diffèrent. Quand le lavage à la main est autorisé, utilisez de l'eau froide et une lessive adaptée à la laine, évitez de tordre le vêtement et faites-le sécher à plat, loin d'une source de chaleur directe. Si l'étiquette autorise la machine, choisissez un programme laine à basse température et essorage doux. Aérer le pull entre deux ports réduit la fréquence des lavages.